J'appelle ça une idée lumineuse...

Je suis chef de rayon (liquide), sommelier et caviste.
Mais quoi qu’est-ce ? Un envahisseur venu d’ailleurs ? Nan, plus simplement un polyvalent qui remplie les rayons le jour, et débouche les bouteilles
pendant les repas de fin d’année.
Mais d’où peut venir un tel engouement pour le vin. A priori, rien ne me prédestine à ça. Pas de parent alcoolique, pas d’antécédent éthylique, juste un amour
immodéré des bonnes choses. Môman, dieu la bénisse elle et sa cuisine, y est pour quelque chose je suppose… La curiosité me pousse à goûter à tout, à ne pas (ou rarement) refuser de goûter
« un de derrière les fagots », « celui-là, tu m’en dira des nouvelles », « j’ai débouché, j’ai goûté, j’ai aimé ». Je souligne d’ailleurs, et ma chère Douce &
Tendre ne me contredira pas, que mon amour des bonnes chairs ne se limite pas à la boisson, ne se limite pas du tout en fait ! Arguant du principe qu’on ne connaît que ce qu’on a goûté, je
développe ma culture générale au bord de chaque verre tendu, dans chaque assiette qui se présente, à travers tout les amuse-bouche qui passe à porté de main. Goûter, regoûter et ne pas s’en
lasser. L’an dernier, lors du salon de dégustation de la foire aux vins, en présence des fournisseurs (et de leurs bouteilles), j’ai testé en à peine deux heures plus de 80 vins (dites ça à haute
voix sans bégayer, pour voir !!). Il y en avait plus de deux cents de débouchées, remarquez, c’est juste un problème de timing qui m’a entravé : il était temps d’aller déjeuner (avec un
apéro avant, faut pas déconner !). J’essayerai de faire mieux cette année !
Le plaisir du vin face aux autres boissons vient de sa multiplicité : chaque producteur, chaque terroir, chaque année apporte sa part d’histoire qui s’enferme
derrière le bouchon, qui se mature pour rejaillir dans le verre et se lit du bout des lèvres. J’ai beau avoir testé un vin, il n’est plus le même l’année suivante, et son petit frère lui
ressemble mais n’est pas pareil. Bon, je ne suis pas œnologue, je ne disserte pas des heures sur un vague soupçon de mure en troisième vague d’arôme empyreumatique, je me contente d’en rechercher les goûts principaux,
que n’importe qui peut trouver pour peu qu’il s’y intéresse et qu’il soit attentif. Que ce soit un goût de fraise de jardin ou fraise des bois importe peu tant que la note de fruits rouges est
donnée. Ensuite, il faut associer à ce vin un caractère qui induira un type de cuisine associé. Un vin puissant ne peut accompagner une douceur, ne servez pas de vin blanc avec une sauce
harissa !! Enfin, il faut se souvenir de tous ces goûts, et là ça se corse ! Parce que, plus je goûte, plus j’en apprend, et plus j’ai envie d’apprendre, et plus je goûte et moins je me
souviens, et plus je bois pour oublier, zoublier qu' j’zi oublié de boire, eboire et rrRrreboire, hips….
Mais mon travail m’entraîne dans des pentes savonneuses puisque ma fonction m’oblige (pieux mensonge) à assister aux différents salons annuels, ou les
fournisseurs amènent leurs produits (surtout les nouveautés) : eaux (rigolez pas, je goûte aussi !), sodas (promis, D&T, je ne fais que goûter, j’avale pas !!), vins (voir
ci-dessus), et alcools……… Et là, je (re)découvre la dégustation des boissons à forts degré. Je jetterai un voile pudique sur les cocktails tout prêt qui ne m’apporte aucun plaisir, même pas celui
de mélanger les ingrédients, et j’en viendrai au vif du sujet : les whisky (ou whiskies, c’est comme qu’on veut d’abord !!). Et là, je me mets à rêver d’un magasin grand comme ça, ou tout les produits existants sont présents, et ou je suis
obligé (toujours un pieux mensonge, balèze pour un athée, non ?) de tout goûter….
Excellents produits, je n'en disconviens pas en tant que chef de rayon, mais le caviste en moi a des aigreurs d’estomac rien que d'y penser!
Un jour, j'irais là-bas, comme dit la chanson, un jour je ferais un stage à la Maison du Whisky, ou dans une grande cave, histoire de m'exploser les papilles... mais dans quelle état en
sortirai-je?
vous m'appellerez Docteur frankenGloups!
A voté
C'est cool, les grasses matinées, ça laisse du temps pour repenser au travail...
C'est quoi un journée dans un super-marché? C'est simple!!
4h50, le réceptionniste arrive, ouvre les grilles pour que les camions puissent venir livrer.
5h00, les employés arrivent et commencent à ranger leurs rayons, puis ils les remplissent avec la livraison.
6h00, les chefs de rayons arrivent, saluent leurs employés, donnent (éventuellement) quelques consignes puis se mettent au travail: recadrage des têtes de gondoles, allées saisonnières.
7h00, les chef de département arrivent, saluent tout le monde, redonnent d'autres consignes puis se mettent au travail: supervisation du travail dans les rayons.
8h00, le directeur arrive, café à la main, salue les employés et parle du match de foot de la veille à qui veut bien en entendre parler.
9h00, les clients arrivent, et en 5 minutes chrono bousillent le rangement des rayons qui a pris trois heures.
10h00 ,le patron arrive, et gueule parce que le magasin ne ressemble plus à rien.
10h30, rénion des cadres, le patron rale, le directeur transmet, les chefs de département enregistrent.
11h00, transmission des informations: les chefs de rayons dégustent...
11h15 c'est le tour des employés d'en prendre plein les dents, après tout, s'ils faisaient bien leur travail, les rayons seraient mieux!
11h30 les employés ralent auprès du réceptionniste qu'il leur faut la marchandise plus vite pour pouvoir mieux remplir et ranger les rayons.
12h00 le réceptionniste quitte son poste c'est la fin de sa journée, et il en a rien à fiche de ce que pense les autres, il se lève suffisament tot , c'est pas un pool d'employés qui va lui faire
avancer son réveil, pour qui ils se prennent, non mais , sans blague...
12h01 les employés se tirent à leur tour, soulagé et défoulés.
12h02 les chefs de rayons continuent à trimer, la pause repas n'est que dans une heure.
12h55 les chefs de département font leur tour, critiquent les derniers présents et donnent des consignes pour l'après midi avant de partir déjeuner.
14h,00, les chefs de rayons ont tout recadrés, ils vont manger en 10 minutes, y a pas que ça à faire, fissa, et ne mache pas, ça prend trop de temps.
14h11, le café chaud, ça brule quand tu le bois cul-sec!
14h12 retour dans les rayons, et premier coup de théatre: la patron a eu une idée, on a toute l'après-midi pour l'essayer (et la faire marcher, sinon bonjour l'ANPE)
19h45, c'est pas encore ça, mais ça y ressemble, merci messieurs, vous pouvez tout remettre en place .
19h46, le patron part, suivi par le directeur et les chefs de département, sauf celui qui doit fermer le magasin.
22h00 tout est rangé, y a plus qu'à rentrer chez soi pour dormir: il faut être en forme pour demain, c'est une grosse journée..
(Aucun syndicaliste n'a été violenté pendant cette journée...)
KIKADIKOA?